Le Comité pour l’évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (PRAC : Pharmacovigilance Risk Assessment Committee) considère que les bénéfices de Kogenate Bayer/Helixate NexGen l’emportent sur les risques chez les patients non traités antérieure

Les données actuelles ne confirment pas un risque accru de développement d’anticorps contre le facteur VIII de coagulation par comparaison à d’autres produits contenant du facteur VIII

Le Comité pour l’évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (PRAC : Pharmacovigilance Risk Assessment Committee) de l’Agence Européenne des Médicaments (EMA : European Medicines Agency) a procédé à une réévaluation des médicaments Kogenate Bayer et Helixate NexGen  et il a conclu que les données actuelles ne confirment pas un risque accru de développement d'anticorps (inhibiteurs du facteur VIII) contre ces médicaments, par comparaison à d’autres produits contenant du facteur VIII chez les patients atteints d’hémophilie A (trouble de la coagulation) non traités antérieurement. Par conséquent, les bénéfices de la prise de Kogenate Bayer et d’Helixate NexGen, appelés « facteurs VIII de deuxième génération », continuent à l'emporter sur les risques. Le facteur VIII est essentiel pour la coagulation normale du sang, et il n’est pas présent chez les patients atteints d’hémophilie A.

La réévaluation du PRAC fait suite aux résultats de l’étude RODIN [1] , ainsi qu’à des données préliminaires sur 3 ans provenant du « European haemophilia safety and surveillance system » (EUHASS). L’étude RODIN portait sur des données recueillies chez 574 enfants atteints d'hémophilie A non traités antérieurement, qui avaient reçu différents produits du facteur VIII de coagulation. Environ un tiers (177) des enfants ont développé des anticorps (inhibiteurs du facteur VIII) contre leur médicament, ce qui en réduit le bénéfice et augmente le risque de saignements. Il s’agit d’un risque connu de tous les produits contenant du facteur VIII de coagulation, mais les auteurs de l’étude ont conclu que les enfants ayant reçu des facteurs VIII recombinants entiers dits de deuxième génération tels que le Kogenate Bayer ou l’Helixate NexGen sont plus susceptibles de développer des anticorps que ceux ayant reçu un produit recombinant de troisième génération. Une augmentation de la formation d’inhibiteurs n'a pas été observée avec d'autres facteurs VIII recombinants ou dérivés du plasma.

Le PRAC a réévalué les données scientifiques et cliniques disponibles sur le développement d’inhibiteurs chez les patients non traités antérieurement, y compris celles de l’étude RODIN et du « EUHASS » ; et il a conclu que les données disponibles ne permettent pas soutenir que le Kogenate Bayer ou l’Helixate NexGen soient associés à un risque accru de développer des inhibiteurs du facteur VIII, par comparaison à d'autres produits. Bien que les mesures de minimisation des risques existantes pour le Kogenate Bayer et l’Helixate NexGen soient jugées adéquates, et bien qu’elles doivent être poursuivies, le PRAC recommande une mise à jour du Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP) et de la notice, sur la base des résultats de l’étude RODIN.

La recommandation du PRAC sera transmise au Comité pour les médicaments à usage humain (CHMP = Committee for Medicinal Products for Human use) de l’EMA, pour l’adoption d’une opinion  lors de sa prochaine réunion plénière du 16-19 décembre 2013

Plus d’informations sur ces médicaments

Le Kogenate Bayer et l’Helixate NexGen sont des médicaments identiques autorisés dans l'Union européenne depuis le 4 août 2000. Le titulaire de l’autorisation de mise sur le marché des deux médicaments est la même entreprise, Bayer Pharma AG.

Le Kogenate Bayer et l’Helixate NexGen sont appelés facteurs VIII de deuxième génération. Ils contiennent une forme de facteur VIII appelée « octocog alfa », produite par une méthode dite de « technologie d’ADN recombinant » : il est fabriqué par des cellules dans lesquelles un gène (ADN) a été introduit pour les rendre capables de produire le facteur de coagulation. Dans ces produits, l’octocog alfa a la même structure que le facteur VIII naturel (« entier »). Ils sont utilisés pour remplacer le facteur VIII qui fait défaut chez les patients atteints d’hémophilie A, un trouble héréditaire de la coagulation. Non traitée, la déficience en facteur VIII chez ces patients provoque des problèmes de saignement, y compris des saignements à l’intérieur des articulations, des muscles et des organes internes, qui peuvent provoquer de graves lésions.

D’autres produits contenant diverses formes de facteur VIII sont disponibles et peuvent être utilisés de manière similaire. Ils peuvent être extraits à partir de sang humain (« dérivé du plasma »), produits sous forme de recombinants entiers présentant différents degrés d'exposition à d’autres protéines dérivées du sang (première, deuxième, ou troisième génération), ou peuvent contenir une forme recombinante de la molécule de facteur VIII plus courte mais toujours active.

Plus d’informations sur la procédure

La réévaluation de Kogenate Bayer et de l’Helixate NexGen a été initiée le 5 mars 2013 à la demande de la Commission européenne, conformément à l’article 20 du Règlement (CE) No 726/2004  et elle suit les étapes procédurales prévues à l'article 31 de la directive 2001/83.

La réévaluation a été conduite par le Comité pour l’évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (PRAC : Pharmacovigilance Risk Assessment Committee), le comité chargé de l'évaluation des questions de sécurité pour les médicaments à usage humain, qui a formulé une série de recommandations. Les recommandations du PRAC seront transmises au Comité pour les médicaments à usage humain (CHMP = Committee for Medicinal Products for Human use) de l’EMA, pour l’adoption d’une opinionve. Cette opinion sera ensuite transmise à la Commission européenne pour l'adoption d'une décision juridiquement contraignante applicable dans tous les États membres de l'UE.



[1] Gouw SC, et al; PedNet and RODIN Study Group. Factor VIII products and inhibitor development in severe hemophilia A. N Engl J Med 2013; 368: 231-9. 

Dernière mise à jour le
19/12/2013